Face aux inégalités sociales et environnementales qui traversent le territoire bruxellois, et aux effets croissants du changement climatique dans les espaces urbains, l’accès à une hydratation adéquate est plus que jamais un enjeu de santé publique. Voici quatre dimensions essentielles à garder à l’esprit.
1. Hydratation et santé
Une bonne hydratation est nécessaire pour le bon fonctionnement de l’organisme de tous·tes. Le corps humain est composé d’environ 60 % d’eau chez l’adulte. Une perte hydrique de seulement 1 à 2 % du poids corporel peut déjà entraîner fatigue, maux de tête, baisse de concentration et diminution des capacités physiques.
Les besoins hydriques augmentent fortement lors des épisodes de chaleur, de l’activité physique, de certaines maladies ou traitements médicamenteux.
Chez l’adulte, il est généralement recommandé de boire environ 1,5 à 2 litres d’eau par jour, davantage en période de chaleur ou d’activité physique. L’eau potable est la seule boisson à privilégier : les boissons sucrées, alcoolisées ou caféinées peuvent accentuer la déshydratation.
2. Groupes vulnérables
Certains groupes sont plus vulnérables au risque de déshydratation, en raison de caractéristiques physio(patho)logiques ou d’une moindre perception du besoin de boire : enfants, personnes âgées, femmes enceintes ou allaitantes, personnes pratiquant une activité physique intense, troubles cognitifs, maladies chroniques (diabète, troubles rénaux), prise de médicaments, mobilité réduite…
3. Climat urbain, chaleur et inégalités environnementales
En Belgique, le nombre de journées de forte chaleur augmente et les épisodes caniculaires deviennent plus fréquents et plus longs. Ceux-ci augmentent les risques de déshydratation, d’épuisement, d’aggravation des maladies chroniques et de surmortalité. Les personnes âgées, isolées ou vivant dans des logements mal ventilés sont particulièrement à risque.
En Région bruxelloise, certains quartiers peuvent être jusqu’à 7 °C plus chauds que les zones périphériques végétalisées lors des vagues de chaleur (phénomène d’îlot de chaleur urbain). Ces zones, souvent habitées par des populations plus précarisées, renforcent les vulnérabilités sociales et sanitaires.
4. Inégalités sociales et précarité hydrique
L’accès à une eau potable, de qualité, en quantité suffisante, durablement et acceptable socialement, n’est pas égal pour tous·tes en Région bruxelloise. Des obstacles peuvent s’y opposer : qualité perçue de l’eau du robinet, pollution émergente (PFAS), coût de la facture d’eau, conditions de logement précaires (squat, hébergement d’urgence, sans-abrisme, logements insalubres), précarité socio-économique ou encore non-recours aux différentes aides (fontaines, aides sociales, …). Ces réalités constituent ce qu’on appelle la précarité hydrique.
Ainsi, les personnes sans-abri ou en hébergement précaire dépendent fortement des fontaines publiques, des lieux d’accueil, des sanitaires accessibles gratuitement.
Points d’attention pour les professionnel·les
- Informer et sensibiliser les publics accompagnés ;
- Encourager la consommation d’eau en proposant de l’eau facilement accessible, fraîche, et dans des contenants adaptés aux habitudes des publics accompagnés ;
- Repérer les signes d’alerte de déshydratation ou de coup de chaleur : soif importante, bouche sèche, fatigue inhabituelle, maux de tête, vertiges, urines foncées ou peu fréquentes, nausées et/ou vomissements, crampes musculaires, confusion, somnolence (particulièrement chez les personnes âgées), perte d’équilibre, de connaissance et/ou convulsions ;
- Augmenter la vigilance pendant les épisodes de chaleur : renforcer les contacts avec les personnes âgées et isolées, vérifier l’accès à de l’eau fraîche, adapter les horaires d’activité physique, identifier les lieux rafraîchis accessibles à proximité ;
- Identifier les situations de précarité hydrique, notamment en période de canicule ;
- Pratiquer l’aller-vers pour limiter le non-recours aux aides ;
- S’appuyer sur les ressources existantes en Région bruxelloise, comme les fontaines publiques, et interpeller les autorités compétentes quant aux espaces dépourvus de végétation et de points d’eau publics dans votre environnement de travail.