Bon à savoir
Le cancer du sein est une tumeur maligne qui se développe le plus souvent dans les canaux ou les lobules de la glande mammaire. Il s’agit du cancer le plus fréquent chez les femmes en Belgique, avec près de 11 800 nouveaux diagnostics par an. Il touche également les hommes, toutefois ceux-ci représentent moins de 1 % des cas.
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Le cancer du sein est souvent de bon pronostic lorsqu’il est diagnostiqué à un stade précoce. En Belgique, la survie nette à 5 ans dépasse 90 % tous stades confondus, mais elle varie fortement selon le stade au diagnostic : elle est proche de 100 % au stade I, tandis qu’elle est nettement plus faible au stade IV.
Le dépistage vise à rechercher un cancer avant l’apparition de symptômes afin de favoriser un diagnostic à un stade précoce. En Région bruxelloise, le programme organisé propose un Mammotest gratuit tous les deux ans aux femmes de 50 à 69 ans. Comme le dépistage ne couvre ni les femmes de moins de 50 ans, ni l’intervalle de deux ans entre deux examens, la vigilance aux signes d’alerte reste donc essentielle et fait partie du travail de prévention. Une grosseur ou un épaississement dans le sein ou sous l’aisselle, une modification de la forme ou de la taille d’un sein, une rétraction de la peau ou du mamelon, un écoulement, une rougeur ou un aspect de ”peau d’orange “ justifient une consultation médicale sans attendre.
Le cancer du sein constitue un enjeu important de santé publique en Région bruxelloise, non seulement en raison du nombre de femmes concernées, mais aussi des inégalités qui entourent son dépistage et sa prise en charge. Les données bruxelloises montrent une diminution de la participation au dépistage au cours des dernières années, alors que la tendance est différente dans les deux autres régions. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la couverture du dépistage ne se répartit pas de manière homogène entre les populations. On observe un gradient social de participation : le recours à la mammographie est plus élevé chez les femmes les plus diplômées et varie fortement selon les revenus du secteur de résidence. Des écarts sont également observés selon l’origine migratoire, avec une différence de survie après un diagnostic de cancer du sein chez les femmes d’origine non européenne.
Ces inégalités ne peuvent pas être expliquées uniquement par les choix ou la motivation des personnes. Ne pas participer au dépistage ne signifie pas nécessairement ne pas vouloir prendre soin de sa santé. Une personne peut être favorable au dépistage tout en rencontrant des obstacles qui rendent son accès difficile. Ce recours effectif au dépistage dépend des conditions de vie et de la possibilité concrète d’accéder aux soins : compréhension des informations, langue, complexité des démarches, disponibilité, transport, garde des enfants, situation administrative ou couverture des soins, mais aussi expériences de discrimination ou méfiance envers les institutions. Ces obstacles peuvent se cumuler et rendre le parcours de prévention plus difficile pour certaines femmes.
La promotion de la santé constitue dès lors un levier essentiel. Il importe d’agir sur les conditions qui permettent aux personnes d’accéder effectivement à la prévention. Des informations compréhensibles et adaptées, l’accompagnement dans les démarches, les actions d’aller-vers, la médiation et le recours aux professionnel·les et acteurs de proximité peuvent contribuer à rapprocher le dépistage des femmes qui en sont les plus éloignées.
Points d’attention pour les professionnel·les
Les professionnel·les du social et de la santé ont des rôles complémentaires et peuvent contribuer, chacun·e à leur niveau, à faciliter l’accès à la prévention et à éviter que certaines personnes restent à distance du dépistage. Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais aussi de repérer les obstacles et de faciliter concrètement le parcours.
- Informer sans culpabiliser. Expliquer l’intérêt et les limites du dépistage dans un langage accessible, tout en laissant la place aux questions, aux hésitations et au choix de la personne.
- Profiter des contacts du quotidien. Une consultation médicale ou paramédicale, mais aussi un accompagnement social, une permanence, une activité communautaire ou une démarche administrative peuvent être des occasions d’aborder la prévention et, lorsque cela fait sens, le dépistage.
- Repérer ce qui peut freiner l’accès. Difficultés de compréhension ou de langue, démarches complexes, contraintes professionnelles ou familiales, transport, situation administrative ou financière, méfiance envers les institutions : identifier ces obstacles afin de proposer une réponse adaptée.
- Faciliter le passage de l’information à l’action. Expliquer une invitation, faciliter une prise de rendez-vous, orienter vers un·e professionnel·e de santé ou mobiliser un relais social, etc.
- Ne pas confondre dépistage et prise en charge d’un symptôme. En présence d’un signe/symptôme (une grosseur ou d’un autre signe inhabituel), la personne doit être orientée vers une consultation médicale sans attendre une invitation ou le prochain Mammotest.
- Être attentif·ve aux situations nécessitant un suivi individualisé. Des antécédents personnels ou familiaux ou d’autres facteurs de risque particuliers peuvent nécessiter une évaluation médicale et une stratégie de surveillance différente du programme organisé.
Site de référence sur le cancer du sein
BruPrev est l’organisme qui a pour mission d’organiser les programmes de dépistage et de prévention des cancers (dont le cancer du sein) dans la Région bilingue de Bruxelles Capitale.
S’adresse à tous les publics, habitant·es et professionnel·les
Plus d’informations :
FR : Le dépistage du cancer du sein – BruPrev
NL : Borstkanker screening – BruPrev