Info Prévention Santé : diabète de type 2

Prévention - promotion - santé

31 octobre 2026

Le diabète de type 2 est une maladie chronique qui peut être contrôlée grâce à une prise en charge adaptée, d’autant plus efficace lorsqu’elle est précoce. C’est une maladie dans laquelle l’organisme utilise moins efficacement l’insuline et, progressivement, peut ne plus en produire suffisamment. Souvent silencieux pendant plusieurs années, il peut entraîner des complications cardiovasculaires, rénales, oculaires, neurologiques ou au niveau des pieds. En 2023, 6,6 % de la population bruxelloise couverte par une mutualité belge était traitée pour un diabète. Ce chiffre ne tient pas compte des personnes non diagnostiquées ou non traitées pour diverses raisons dont le non accès aux soins, et sous-estime donc la prévalence réelle.

 

Téléchargez l’Info Prévention Santé sur le diabète de type 2.

 

Prévenir et repérer précocement le diabète de type 2

La prévention vise à prévenir ou retarder l’apparition du diabète, le détecter précocement et limiter ses complications. Elle repose notamment sur l’alimentation, l’activité physique, la réduction de la sédentarité et l’arrêt du tabac, mais dépend aussi des conditions de vie, des ressources et de l’environnement. Comme le diabète peut rester longtemps sans symptômes, le repérage des facteurs de risque et le dépistage ciblé sont essentiels pour identifier les personnes davantage exposées et permettre une prise en charge précoce. Les principaux facteurs de risque comprennent notamment l’âge, les antécédents familiaux de diabète, le surpoids, l’hypertension artérielle et les antécédents de diabète gestationnel.

En pratique : promouvoir des habitudes favorables à la santé sans culpabiliser, ni réduire la prévention à « manger mieux » ou « bouger plus » en tenant compte des conditions de vie et des ressources. Les professionnel·les de première ligne peuvent également contribuer au repérage des personnes à risque et faciliter leur orientation vers un médecin généraliste, particulièrement lorsqu’elles sont éloignées des soins.

 

Des inégalités sociales marquée en Région bruxelloise

Le diabète n’est pas réparti uniformément dans la population bruxelloise. Les données de 2023 montrent un important gradient socio-économique : à âge comparable, la proportion de personnes traitées pour un diabète augmente à mesure que le niveau socio-économique diminue. Le diabète est ainsi environ trois fois plus fréquent parmi les 20 % de Bruxellois·es les plus pauvres que parmi les 20 % les plus aisé·es. Ce gradient s’inscrit dans un contexte où, en 2025, 23 % de la population bruxelloise est exposée au risque de pauvreté. Parmi les 20 % aux revenus les plus faibles, plus de la moitié des revenus est consacrée au logement, laissant à peine plus de 10 € par personne et par jour pour les autres besoins, notamment l’alimentation, les déplacements et les soins.

En pratique : considérer les freins liés aux conditions de vie et adapter les recommandations aux possibilités réelles et les priorités de la personne.

 

Agir sur les déterminants sociaux de la santé

 

Les possibilités de prévenir ou de prendre en charge le diabète dépendent aussi des conditions dans lesquelles les personnes vivent : revenus, logement, conditions de travail et temps disponible, accès à une alimentation adaptée, environnement du quartier, mobilité, accès aux soins et aux droits, littératie en santé ou soutien social.
Ces déterminants peuvent se cumuler : le coût du logement et des autres dépenses essentielles, par exemple, peut réduire le budget disponible pour l’alimentation et exposer à l’insécurité alimentaire, c’est-à-dire à un accès insuffisant ou incertain à une alimentation adéquate [4]. Promouvoir une alimentation favorable à la santé ou l’activité physique suppose donc de tenir compte des possibilités réelles de la personne. Les acteurs du social peuvent agir sur certains de ces déterminants, notamment par l’aide alimentaire, l’accès aux droits, l’accompagnement social ou la lutte contre l’isolement.

Concrètement : identifier les déterminants qui limitent les possibilités d’agir et mobiliser les ressources sociales et communautaires adaptées.

 

Prévenir les complications et les ruptures de parcours

Le suivi du diabète doit également permettre à la personne d’acquérir les connaissances et compétences nécessaires pour participer à la gestion quotidienne de sa maladie.

En Belgique, plusieurs systèmes de prise en charge du diabète sont prévus dans le cadre de l’assurance obligatoire. Ils organisent, selon la situation et les besoins de la personne, un accompagnement multidisciplinaire et l’accès à différents soins, aides ou remboursements ; le Focus Système de prise en charge du diabète de type 2 rassemble les informations utiles aux professionnel·les sur les programmes existants, les conditions d’accès, les aides et les remboursements. Difficultés financières ou administratives, couverture de santé, barrières linguistiques ou numériques, mobilité, absence de médecin généraliste ou isolement peuvent retarder l’accès aux soins et favoriser les ruptures de suivi.

Dans un contexte bruxellois où le diabète présente un gradient social marqué, la prise en charge et la prévention des complications passent donc également par la réduction du non-recours et le maintien de la continuité des soins.
Vivre avec le diabète implique des changements dans la vie quotidienne, ce qui peut affecter le soutien social. Les échanges entre pairs, les activités de proximité et les démarches communautaires peuvent permettre de partager des expériences, de renforcer les connaissances et de rompre l’isolement.

En pratique : vérifier que la personne dispose d’un suivi et connaît les possibilités de prise en charge auxquelles elle peut avoir accès. Identifier les obstacles sociaux, financiers ou administratifs susceptibles de compromettre l’accès ou la continuité des soins. Orienter vers des ressources locales ou collectives permettant de renforcer le soutien social et le pouvoir d’agir.

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