La Plateforme bruxelloise de soins palliatifs (Brusano) organise dans les 5 bassins d’aide des groupes de travail destinés aux référent·es de la culture palliative en MRS/MRPA[1]. Ces espaces de réflexion autour de l’accompagnement des personnes en fin de vie résidant en institution visent à accompagner collectivement les personnes concerné·es dans la réalisation de leur mission. Ils sont également un lieu d’interconnaissance entre structures présentes sur un même territoire et permettant aux personnes référentes de partager leurs bonnes pratiques et d’enrichir leurs savoirs. Les thématiques travaillées sont décidées par les participant·es à l’issue de chaque rencontre en vue de la suivante.
Malgré la diversité des thématiques abordées par Bassin, les échanges au cours du dernier cycle (deux rencontres par an) ont fait émerger plusieurs constats communs.
- Une volonté d’accompagner au mieux les habitant·es et leurs proches dans les situations de fin de vie même malgré le sentiment de ne pas toujours disposer des ressources nécessaires pour répondre à la complexité des situations rencontrées.
- L’importance d’une approche multidisciplinaire de l’accompagnement. Chaque professionnel·le, quelle que soit sa fonction, contribue à la qualité de vie de l’habitant·e et joue un rôle dans le repérage des besoins, l’écoute des souffrances et le soutien des proches.
- La difficulté d’aborder certaines dimensions plus complexes comme, par exemple, la douleur physique. Même si les équipes disposent de nombreux outils pour évaluer celle-ci, elles se sentent parfois en difficulté pour la prendre en charge au quotidien. Et elles se sentent encore moins outillées face aux souffrances psychologiques, sociales ou spirituelles. La question du sens, des croyances, des peurs ou encore du vécu émotionnel reste difficile à explorer, tant pour les habitant·es que pour les professionnel·les.
- La nécessité de reconnaître les émotions qui traversent les institutions lors des situations de fin de vie et des décès en prévoyant des temps d’arrêt, de parole ou des rituels permettant de reconnaître les vécus et de soutenir les habitant·es, les proches ou les membres du personnel, chacun·e étant impacté·e à sa manière.
- L’intérêt d’organiser des réunions régulières permettant de croiser les regards, de partager les informations pertinentes et de soutenir la prise de décision collective.
De manière générale, les référent·es de la culture palliative ressentent le besoin d’être davantage outillé·es dans leur fonction à travers des formations, des outils concrets, des repères pratiques et des espaces d’échanges comme ces groupes de travail. Ils et elles ont besoin de lieux favorisant les partages de bonnes pratiques et offrant la possibilité de partager leurs questionnements avec d’autres professionnel·les confronté·es à des réalités similaires. Ces rencontres permettent de rompre l’isolement parfois ressenti dans cette fonction et favorisent progressivement la création d’un réseau de personnes ressources à l’échelle de la Région bruxelloise.
[1] La participation à un groupe de travail permet à une institution de remplir les conditions d’agrément auprès d’Iris Care conformément à l’Art. 223. (“L’établissement conclut une convention avec l’association en matière de soins palliatifs couvrant la zone géographique concernée. La convention prévoit au moins une réunion de concertation par an »)