Pilier incontournable de la prévention primaire, la vaccination permet de réduire significativement la morbidité, la mortalité et les hospitalisations liées à des maladies infectieuses. Pourtant, en Région bruxelloise, la couverture vaccinale reste insuffisante pour plusieurs maladies évitables. Cette tendance s’explique par une hésitation vaccinale croissante, souvent alimentée par la circulation de fausses informations, une méfiance envers les institutions ou une banalisation des maladies évitables. Certaines personnes se tournent aussi vers des médecines alternatives ou s’appuient sur leurs expériences passées, leurs croyances personnelles, philosophiques ou religieuses. Enfin, la manière dont chacun·e évalue les risques liés à la maladie ou au vaccin joue un rôle central dans la décision de se faire vacciner ou non.
Trois vaccins illustrent clairement ces tensions :
- Grippe : à peine 41,6 % des personnes à risque vaccinées en Région bruxelloise (objectif OMS: 75%).
- COVID-19 : couverture faible en Région bruxelloise malgré son efficacité contre les formes graves, reflétant une fatigue vaccinale importante.
- Rougeole : En Région bruxelloise, seuls 75 % des enfants reçoivent les deux doses du vaccin RRO (Rougeole-Rubéole-Oreillons), loin des 95 % nécessaires à l’élimination (objectif européen et OMS). Ainsi, les épidémies de rougeole agissent comme révélatrices des failles d’accès au système de soins ou de connaissances de celui-ci, signalant des inégalités sociales de santé.