Le cancer de la peau constitue un enjeu majeur de santé publique en Belgique. On estime qu’environ 1 personne sur 5 développera un cancer cutané avant l’âge de 75 ans. Son incidence est en constante augmentation, notamment en raison du vieillissement de la population, des expositions cumulées aux rayonnements ultraviolets (UV) et de pratiques sociales valorisant encore le bronzage.
Cette progression entraîne une pression croissante sur le système de soins, avec une augmentation des consultations dermatologiques, des délais d’accès et des coûts de prise en charge. Une part importante de ces cancers reste toutefois évitable grâce à des mesures efficaces de prévention.
Enjeu de santé publique et inégalités
L’exposition au soleil et ses conséquences ne relèvent pas uniquement de comportements individuels : elles s’inscrivent dans des déterminants sociaux et environnementaux.
• Inégalités d’exposition : les personnes travaillant en extérieur notamment dans les secteurs de la construction, de l’agriculture ou de l’entretien des espaces verts, etc. cumulent des expositions prolongées.
• Inégalités d’accès à la prévention : le coût des protections solaires constitue un frein pour certains publics, auquel s’ajoutent un accès limité à une information adaptée et un recours plus faible aux soins préventifs, en particulier aux consultations dermatologiques.
• Inégalités de littératie en santé : elles se traduisent par une compréhension et une appropriation inégale des messages de prévention. Certaines personnes peuvent, par exemple, percevoir le bronzage comme bénéfique pour la santé ou croire qu’une crème solaire permet de rester plus longtemps au soleil, ce qui influence leurs comportements face au risque.
• Normes sociales et culturelles : elles participent à la valorisation du bronzage, souvent associé à une image de bonne santé, de vitalité, de vacances ou encore à un certain statut social. L’exposition au soleil est également fréquemment perçue comme bénéfique pour le bien-être et la synthèse de vitamine D. Si une exposition modérée aux UV contribue effectivement à la production de vitamine D, les expositions excessives augmentent toutefois le risque de cancers cutanés. Ces représentations, amplifiées par les dynamiques de groupe et les réseaux sociaux, influencent particulièrement les comportements et les pratiques d’exposition des jeunes.
Ces éléments contribuent à un gradient social de risque et d’accès à la prévention, ce qui justifie une approche structurelle et ciblée.