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Les infections à Human PapillomaVirus (HPV) constituent aujourd’hui l’une des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes. Ces virus infectent la peau et les muqueuses, pouvant toucher les organes génitaux internes et externes, l’anus, la bouche, la gorge ou encore certaines zones de la peau. Les HPV concernent toutes les personnes sexuellement actives, quel que soit le genre, le sexe ou l’orientation sexuelle. On estime que 80 % de la population sexuellement active sera confrontée au HPV au cours de sa vie, avec une prévalence particulièrement élevée entre 15 et 24 ans. Dans la grande majorité des cas (≈ 90 %), l’infection est transitoire et éliminée spontanément en un à deux ans grâce à l’immunité naturelle.
Deux types de lésions
Les HPV dits « à bas risque » sont principalement responsables de lésions bénignes, dont les verrues génitales (condylomes). Hautement contagieuses mais non cancéreuses, ces verrues génèrent néanmoins un impact psychologique, social et sexuel important.
À l’inverse, une quinzaine de types de HPV sont classés « à haut risque » car ils peuvent induire des lésions précancéreuses qui, en l’absence de dépistage et de traitement adéquat, peuvent évoluer vers des lésions malignes, notamment des cancers du col de l’utérus, de l’anus, du pénis, de la vulve ou encore de l’oropharynx.
Le cancer du col de l’utérus
Le cancer du col de l’utérus est aujourd’hui le 4e cancer le plus fréquent chez la femme dans le monde. Or, il s’agit d’un des cancers les plus clairement évitables grâce à une prévention combinée efficace. Pourtant, il entraîne encore une morbidité et une mortalité conséquentes. En Belgique, il a été responsable de 164 décès en 2021. En Région bruxelloise, 53 nouveaux cas ont été recensés en 2023, dont 38 chez des femmes de 25 à 64 ans.
La prévention combinée : vaccination, dépistage et réduction des risques
Vaccination HPV, quel que soit le genre !
La vaccination constitue l’outil de prévention primaire le plus efficace contre les verrues génitales et les cancers liés au HPV. Le Conseil supérieur de la Santé recommande la vaccination des filles et des garçons de 9 à 14 ans, suivie d’un rattrapage jusqu’à 26 ans. Plus la vaccination est réalisée tôt, meilleure est la réponse immunitaire et plus la protection est élevée avant les premiers rapports sexuels.
En Fédération Wallonie-Bruxelles, la vaccination gratuite (Gardasil 9, 2 doses à 6 mois d’intervalle) est proposée en 2ème secondaire (13-14 ans) . En Communauté flamande, elle est administrée en 1ère secondaire (12-13 ans).
La vaccination de rattrapage (2 doses) est gratuite pour les 15-18 ans via le Programme de vaccination, ou partiellement remboursée en pharmacie. Au-delà de 18 ans, elle n’est plus remboursée et requiert 3 doses, ce qui constitue un frein financier. Certaines mutualités proposent toutefois des interventions complémentaires pouvant aller jusqu’à 150 €.
Dépistage du cancer du col de l’utérus
Le dépistage du cancer du col de l’utérus reste indispensable chez tout personne ayant un utérus, vaccinées ou nonest gratuit entre 25 et 64 ans inclus et doit être initié auprès du ou de la médecin généraliste ou gynécologue.
• 25–29 ans : frottis de col (cytologie) tous les 3 ans. Dans ce groupe d’âge, les infections HPV et le plus souvent transitoires. Un dépistage HPV entraînerait de nombreux faux positifs, avec des examens et traitements inutiles.
• 30 – 64 ans : frottis de col (HPV) tous les 5 ans.
Les dépistages pour les cancers de l’anus, du pénis, de la vulve, de la bouche et de la gorge ne sont pas recommandés systématiquement ; toute lésion suspecte doit toutefois conduire à une évaluation médicale.
Réduction des risques
Le préservatif réduit la transmission du HPV et protège contre les autres IST, mais n’offre pas une protection complète : la contagion peut se faire via les zones non couvertes.
Promotion de la santé et populations à ne pas oublier
• Les approches de promotion de la santé et d’Education à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle (EVRAS) sont essentielles pour renforcer les connaissances sur le HPV, réduire la stigmatisation et le tabou, favoriser la vaccination et le dépistage, et réduire les inégalités sociales de santé.
• Il importe d’inclure les personnes LGBTQIA+, comme les hommes trans (ayant conservé leur utérus), les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et les personnes non-binaires dans les messages de prévention, de vaccination et de dépistage.
• Une vigilance accrue est de mise chez personnes immunodéprimées, notamment les personnes vivant avec le VIH, chez qui les infections à HPV persistent plus longtemps et évoluent plus souvent vers des lésions précancéreuses et cancéreuses. Un schéma de vaccination en 3 doses est recommandé chez ces personnes.
• Précarité socio-économique : attention aux obstacles d’accès (coût, transport, couverture médicale, méconnaissance du système de santé). Encourager la vaccination dans la tranche d’âge cible (gratuite) est donc essentiel.
• Accès aux soins : simplifier l’information, accompagner dans les démarches administratives, soutenir l’accès à la vaccination gratuite/fortement remboursée et au dépistage.
• Eviter le sur-dépistage : augmenter la fréquence des dépistages, réaliser des dépistages en dehors de la tranche d’âge recommandée ou utiliser un double test accroît le risque de faux positifs, d’examens et de traitements inutiles, sans réel bénéfice pour les personnes.